Donald Abad

S’abstraire
Performance, film vidéo,  2011
Première exposition dans « leurs lumières »
Vidéo-projecteur, lecteur, enceintes, 26 mn
Production : autoproduction

Argument :
« C’est un projet de marche en binôme qui pose des questions relatives au territoire. Prendre pour guide un chat — aveugle de naissance, né en Grèce, une sorte de Tyrésias — c’est un test pour outrepasser son statut, pour dépasser sa nature. J’avais interrogé le vétérinaire avant de partir. Il s’était déclaré ignorant du comportement de l’animal mais m’avait conseillé une longue laisse, un fil, une ligne, afin qu’il ne détale pas au premier coup de feu, car c’était la saison de la chasse. Cette ligne allait être notre unité de mesure flottante. C’est une réflexion sur la juste distance, sur la distance relative entre deux points mobiles. C’est une horizontalité, sans verticalité fixe — mon corps ne lui donnait aucun repère, mis à part une présence rassurante —, pas de poteau, ni barrière, ni mur, juste un espace sans fin. Si mon chat miaulait, ce n’était pas pour m’appeler, pour se plaindre, mais d’abord pour tester l’espace, à la manière d’une chauve-souris. Comme tous les chats, il était beaucoup plus actif à la tombée de la nuit, entre chien et loup. Comment la percevait-il ? » D.A.

Premise:
“It’s a project about a stroll with two partners who each question the territory they cover. Selecting a cat for a guide – one blind since birth, born in Greece, a sort of feline Tiresias – is an experiment in transcending one’s boundaries, going beyond nature. I consulted the veterinarian before setting out. He declared that he had no idea of what to expect regarding the animal’s behaviour but advised me to use a long leash of sorts, a string, to ensure that he would not bolt if he heard a gunshot, since it was hunting season. This string was to be our floating unit of measure. It’s a reflection on a true notion of distance, on relative distance between two mobile points. It’s about horizontality without fixed verticality – my body did not provide any direction, it was merely a reassuring presence. No posts, no barriers, no walls, just an infinite space. When my cat meowed, it was not to call me, nor to complain, but principally to test the space around him, much as a bat would. Like all cats, he was far more active at twilight. How did he perceive it?” D.A.

Donald Abad
Né en 1978 à Paris, il vit et travaille à Paris. Diplômé et post-diplômé de l’École nationale supérieure des Arts Décoratifs à Paris, il mène de front, depuis 2003, des projets artistiques, résidences d’artistes, Pépinières européennes pour jeunes artistes aux Pays-Bas et en Espagne, Arcus Studio au Japon, Géographies variables au Québec, Biennale de l’art contemporain à Rennes, etc., et des enseignements à l’École supérieure d’art et de design d’Amiens, aux Ateliers du Carrousel du Louvre, à l’Académie Charpentier et à l’Université Paris 8. Son travail explore dans la dualité technologie/nature, des notions qui englobent les concepts des nouvelles technologies nomades — GPS, autonomie, temps réel/temps différé, nouveaux territoires de l’information et de la communication —, de la performance — au sens artistique et sportif du terme — et du land art. C’est un artiste néo-romantique multimédias dans le sens où son exploration des nouveaux médias et des technologies nomades n’est jamais le résultat présenté mais le moyen de créer de nouveaux scénarios à réaliser sous forme de récits d’aventures restitués en vidéo. Ses expériences nourrissent une interrogation sur la place de l’individu dans son environnement.

http://www.donaldabad.com
http://www.donaldabad.com/S-abstraire

« Une terre, à l’arrêt. Le vent, sans barrière. Deux formes en mouvement. Un lien, ou une distance. La juste mesure. »